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L’histoire du cormier est mouvementée: à certaines époques, il est adulé pour ses fruits (cormes, sorbes), alors qu’à d’autres moments de l’histoire, il semble tomber complètement dans l’oubli. L’apparition de son nom correspond à l’âge d’or de l’espèce. En effet, il y a 2000 ans déjà que Théophraste, médecin de l’Antiquité grecque, l’avait appelé Sorbus. La racine latine sorbere signifie boire [humer?] et nous indique pour quelle raison il était apprécié à l’époque. Ce dénomination a d’ailleurs subsisté jusqu’à nos jours dans l’appellation scientifique du genre. Le cormé, nom d’origine gauloise (curmi), est une boisson fermentée faite avec des sorbes.
L’adjectif domestica est apparu bien plus tard, pour la première fois sous la plume de Matthiolus en 1563. Le cormier a été très prisé également au Moyen Âge, probablement en raison de son utilisation médicale, les fruits étant connus pour leur effet astringeant.
On a aussi attribué diverses vertus surnaturelles au cormier. À l’instar de l’alisier et du sorbier des oiseleurs, placé dans le toit ou dans la chambre, il doit protéger de la foudre et chasser les mauvaises esprits de la maison. Intégré dans la proue des navires, le bois du cormier était sensé apaiser les vagues et diminuer la violence des tempêtes.
Sources: Düll 1959, Kutzelnigg 1995, Scheller et al. 1979, von Schmeling 1992. |
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